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Gérer son entreprise

Devenir paysagiste auto-entrepreneur : le statut, la MSA, la TVA et vos prix

Paysagiste auto-entrepreneur : pourquoi vous dépendez de la MSA, le plafond de 83 600 €, la TVA, les cotisations et comment fixer votre tarif horaire.

Par Bastien, cofondateur d’OlèneMis à jour le 12 min de lecture
L’essentiel
  • Un paysagiste relève de la MSA, la sécurité sociale agricole. Le régime micro-social de l’URSSAF ne lui est pas ouvert, même pour de l’entretien seul ou de la maçonnerie paysagère.
  • Vous pouvez en revanche être en micro-entreprise pour l’impôt : jusqu’à 83 600 € de chiffre d’affaires de prestations par an, avec un abattement de 50 %.
  • Vous ne facturez pas la TVA tant que vous restez sous 37 500 € de chiffre d’affaires (seuils inchangés en 2026). Au-delà, l’entretien du jardin se facture à 20 %.
  • Votre tarif horaire se calcule à partir de vos frais, de ce que vous voulez gagner et des heures que vous vendez vraiment.

Un paysagiste peut travailler seul, à son compte, avec très peu de démarches. Mais il ne s’inscrit pas comme un auto-entrepreneur ordinaire : la création et l’entretien de jardins relèvent de la MSA, la sécurité sociale agricole, et le régime micro-social de l’URSSAF ne lui est pas ouvert. Il garde en revanche le régime fiscal simple de la micro-entreprise, avec un plafond de 83 600 € de chiffre d’affaires de prestations par an.

Ce guide reprend tout ce qu’il faut savoir pour devenir paysagiste auto-entrepreneur en 2026 : le statut, les démarches, les cotisations, la TVA, le prix de votre heure, et les papiers à faire pour chaque client. Chaque chiffre vient d’une page officielle, avec le lien et la date à laquelle nous l’avons lue.

Paysagiste auto-entrepreneur : ce que le statut veut vraiment dire

Quand on parle d’auto-entrepreneur, on mélange deux choses. Il y a d’abord le régime fiscal de la micro-entreprise, qui calcule votre impôt sur votre chiffre d’affaires moins un abattement. Il y a ensuite le régime micro-social de l’URSSAF, qui calcule vos cotisations en pourcentage de ce que vous encaissez, chaque mois ou chaque trimestre.

Un paysagiste a droit au premier, et pas au second. La MSA l’écrit clairement : si vous créez, restaurez ou entretenez des parcs et jardins, vous relevez obligatoirement du régime agricole, et le statut d’auto-entrepreneur, qui ne vise que les travailleurs non agricoles, n’est pas autorisé avec ces activités. Service-public range de son côté « l’activité agricole rattachée à la MSA » parmi les activités qu’un micro-entrepreneur ne peut pas exercer.

La règle vaut aussi pour trois cas où beaucoup de jardiniers pensent y échapper :

  • L’entretien seul, sans création : tonte, taille, débroussaillage.
  • Les petits travaux de jardinage en services à la personne, chez les particuliers.
  • La maçonnerie paysagère (dallage, murets, fontaines), parce qu’elle fait partie de l’aménagement du jardin.

La MSA regarde l’activité que vous faites vraiment, quel que soit le code coché à l’inscription. Elle peut contester une inscription à l’URSSAF et rattacher le jardinier chez elle après coup, avec une régularisation de ses cotisations sur les années passées.

Sources : « L’activité de paysagiste », MSA, et la fiche F33339 « Micro-entrepreneur : peut-on cumuler plusieurs activités ? » d’entreprendre.service-public.gouv.fr, lues le 10 octobre 2026.

Les démarches pour s’installer seul

La création se fait en ligne, sur le guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr). Vous y déclarez votre activité, le guichet transmet votre dossier à la caisse MSA de votre département, et l’INSEE vous attribue votre numéro SIREN et votre SIRET. La MSA vous envoie ensuite un dossier d’affiliation à remplir : c’est lui qui décide de votre statut exact.

Ce statut dépend du temps que vous passez sur les chantiers :

  • À partir de 1 200 heures par an, vous êtes chef d’entreprise agricole, avec la protection sociale complète des non-salariés agricoles.
  • Entre 150 et 1 200 heures par an, avec des revenus sous 800 fois le SMIC horaire, vous êtes en général cotisant de solidarité. C’est le cas d’un jardinier qui travaille à côté d’un emploi salarié. Vous payez alors une cotisation de solidarité de 14 % de vos revenus professionnels, plus la CSG, la CRDS et quelques petites cotisations comme l’assurance accident du travail.

Sources : « Les démarches d’affiliation des exploitants », « Le statut du chef d’exploitation » et « Le cotisant de solidarité », MSA, lues le 10 octobre 2026.

Le diplôme

Le seul titre protégé est celui de paysagiste concepteur, qui demande cinq ans d’études après le bac (décret n° 2017-673 du 28 avril 2017). Ce décret protège le nom et n’interdit pas l’activité. Pour créer et entretenir des jardins, aucune des pages officielles que nous avons lues ne pose de condition de diplôme. Si vous voulez une réponse écrite pour votre cas, la chambre d’agriculture de votre département vous la donnera.

L’assurance décennale

Dès que vous construisez un ouvrage chez un client, comme un muret, une terrasse maçonnée ou un escalier, la garantie décennale s’applique. Service-public la rend obligatoire pour tout constructeur, auto-entrepreneur compris, et l’attestation doit être remise avant le chantier et figurer sur vos devis et vos factures. La tonte, la taille et les plantations ne construisent pas d’ouvrage et n’entrent pas dans la décennale.

Source : fiche F2034 « Garantie décennale », lue le 10 octobre 2026.

Le Certiphyto

Le Certiphyto est obligatoire pour tout professionnel qui utilise des produits phytopharmaceutiques dans son travail. Il est valable cinq ans. Et traiter pour le compte d’un client est une prestation de service, qui demande en plus un agrément de l’entreprise.

Dans les jardins des maisons, la question se pose moins qu’avant : depuis le 1er juillet 2022, seuls les produits de biocontrôle, les produits à faible risque et ceux autorisés en agriculture biologique peuvent y être utilisés. Si vous ne traitez jamais, vous n’avez pas besoin du Certiphyto pour tondre et tailler.

Sources : fiche F31192 « Certificat individuel pour les produits phytopharmaceutiques » et actualité A15788 du 5 juillet 2022, lues le 10 octobre 2026.

Les services à la personne, une option

Si vous travaillez surtout chez des particuliers, vous pouvez déclarer votre entreprise en services à la personne, sur le site Nova. Vos clients ont alors droit à un crédit d’impôt de 50 % de ce qu’ils vous paient pour les petits travaux de jardinage, dans la limite de 5 000 € de dépenses par an et par foyer. Cette déclaration est facultative, et elle vous impose de faire surtout des services à la personne : depuis 2025, une micro-entreprise peut garder d’autres activités si elles restent sous 30 % de son chiffre d’affaires et si elle tient des comptes séparés.

Sources : fiche F23633 « Organisme de services à la personne » et fiche F12 « Crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile », lues le 10 octobre 2026.

Le plafond de chiffre d’affaires et l’impôt

Le régime micro-fiscal reste ouvert tant que votre chiffre d’affaires hors taxes ne dépasse pas, pour 2026, 2027 et 2028 :

  • 83 600 € pour les prestations de services, ce qui couvre la tonte, la taille, la création et l’entretien.
  • 203 100 € au total si vous vendez aussi des végétaux ou des fournitures, dont 83 600 € de prestations au plus.

La première année, le plafond est réduit au prorata des jours d’activité. Si vous démarrez le 1er mars 2026, votre plafond de prestations est de 83 600 € multipliés par 306 jours sur 365, soit environ 70 000 €. Un dépassement isolé ne vous fait pas sortir du régime : il faut dépasser deux années de suite.

Pour l’impôt, les travaux de jardin chez les clients se déclarent en bénéfices industriels et commerciaux (le BOFiP le dit pour l’horticulteur qui crée et entretient des jardins de particuliers). En micro-BIC, l’administration retire un abattement de 50 % à votre chiffre d’affaires de prestations, et c’est ce qui reste qui s’ajoute à vos autres revenus.

Le versement libératoire de l’impôt, qui permet aux auto-entrepreneurs de payer leur impôt en même temps que leurs cotisations, demande de relever du régime micro-social. Un paysagiste affilié à la MSA n’y a donc pas droit, et paie son impôt avec le reste du foyer.

Sources : fiche F32353 « Régime micro-entreprise » ; fiche F23267 « Versement libératoire » ; BOI-BA-CHAMP-10-10-20, § 340, lus le 10 octobre 2026.

Les cotisations à la MSA

À la MSA, vous ne payez pas un pourcentage fixe de chaque encaissement. Vos cotisations se calculent sur votre revenu professionnel de l’année. En micro-BIC, ce revenu est votre chiffre d’affaires moins l’abattement de 50 % : avec 40 000 € encaissés, la MSA part de 20 000 €.

Trois choses à savoir avant de vous lancer :

  1. Les premières années, la MSA ne connaît pas encore vos revenus. Elle calcule donc vos cotisations sur une base forfaitaire, par exemple 600 fois le SMIC horaire pour l’assurance maladie et la retraite de base, puis régularise quand vos revenus réels sont connus. Gardez de côté de quoi payer cette régularisation.
  2. Il existe des minimums. Pour un chef d’entreprise, en 2026, la retraite de base se calcule au moins sur 7 212 € de revenu, et la retraite complémentaire au moins sur 21 876 €. Une petite année coûte donc quand même quelque chose.
  3. Le total dépend de votre revenu. Le barème 2026 empile une dizaine de cotisations, dont certaines ont un taux qui monte avec le revenu. Votre caisse MSA fait une simulation sur vos chiffres avant l’installation : demandez-la, c’est le seul chiffre fiable pour fixer vos prix.

Sources : « Barème des cotisations et contributions sociales des non-salariés agricoles pour 2026 », MSA, et notice de la déclaration sociale MSA des revenus 2025, impots.gouv.fr, lus le 10 octobre 2026.

La TVA : franchise, seuils 2026 et taux sur les travaux de jardin

En 2026, vous ne facturez pas la TVA si votre chiffre d’affaires de prestations était de 37 500 € au plus l’année précédente, et reste à 41 250 € au plus dans l’année. Vos factures portent alors la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI », et le prix que vous annoncez est celui que paie le client.

Si vous dépassez 41 250 € en cours d’année, vous facturez la TVA dès le jour du dépassement. Si vous terminez l’année entre 37 500 € et 41 250 €, vous gardez la franchise jusqu’au 31 décembre, puis vous facturez la TVA à partir du 1er janvier suivant.

Vous avez peut-être lu que le seuil allait baisser à 25 000 €. Ce seuil unique, prévu par la loi de finances pour 2025, n’est jamais entré en vigueur : il a été abandonné, et les seuils de 2026 sont restés les mêmes. Le BOFiP mis à jour le 1er juillet 2026 donne toujours 37 500 € et 41 250 €. Des propositions de changement reviennent à chaque budget : nous mettrons cette page à jour si le budget pour 2027 modifie quelque chose.

Une fois que vous facturez la TVA, l’entretien et l’aménagement du jardin se facturent à 20 %. Le BOFiP exclut les travaux d’espaces verts du taux réduit, et les petits travaux de jardinage en services à la personne sont eux aussi à 20 %. Le taux de 10 % ne vaut que pour certains travaux autour d’un logement de plus de deux ans : une clôture ou un portail (sauf les haies vives), l’allée d’accès principale à la maison ou au garage, et une terrasse attenante. Le client certifie alors sur le devis ou la facture que les conditions sont remplies.

Sources : fiche F21746 « Franchise en base de TVA » ; BOI-TVA-DECLA-40-10-10 du 1er juillet 2026, § 140 et 170 ; BOI-TVA-LIQ-30-20-90-30, § 20 à 50 ; BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40, § 60 ; fiche F31596 « Taux de TVA des services à la personne », lus le 10 octobre 2026.

Combien facturer : le tarif horaire d’un jardinier auto-entrepreneur

Le bon tarif horaire est celui qui paie vos frais, vos cotisations et ce que vous voulez gagner, divisé par les heures que vous vendez vraiment. Un tarif de jardinier auto-entrepreneur copié sur un autre reprend aussi ses frais à lui, qui ne sont pas les vôtres.

Voici un exemple avec des chiffres ronds, à remplacer par les vôtres :

  • Vos frais de l’année : camion, carburant, assurances, entretien du matériel, téléphone, comptable. Disons 9 000 €.
  • Ce que vous voulez gagner avant cotisations et impôt : disons 30 000 €.
  • Vos heures vraiment vendues : un temps plein fait 1 607 heures, mais la route, les devis, l’entretien des machines et les jours de pluie n’en sont pas. À 70 %, il en reste environ 1 125.

Le calcul donne (9 000 + 30 000) ÷ 1 125, soit environ 35 € de l’heure. En franchise de TVA, c’est aussi ce que paie le client.

Regardez ensuite ce que ce prix donne sur l’année : 35 € multipliés par 1 125 heures font 39 375 € de chiffre d’affaires. Vous gardez la franchise de TVA cette année-là, puisque vous restez sous 41 250 €, mais vous facturerez la TVA l’année suivante, parce que vous avez passé 37 500 €. Mieux vaut le savoir au moment de fixer vos prix que le découvrir en décembre.

Le calcul complet, avec vos propres frais et la part de vos heures vendues, se fait en deux minutes dans notre calculateur de taux horaire de paysagiste. Il est gratuit, sans inscription, et rien de ce que vous tapez n’est envoyé.

Deux conseils de terrain pour finir. Les fournitures (plants, terre, paillage, dalles) se facturent à part, avec votre marge, et ne doivent pas entrer dans le taux horaire. Et pour l’entretien à l’année, comptez les heures de chaque passage et multipliez par votre taux : un forfait qui prend plus de temps que prévu fait baisser votre vrai tarif horaire.

Devis, factures et facture électronique

Le devis n’est pas obligatoire pour des travaux de jardin : la liste officielle des devis obligatoires vise le bâtiment et l’équipement de la maison. Mais un devis signé protège les deux côtés, et dès que vous en faites un, il doit porter vos coordonnées et votre SIRET, celles du client, la date et la durée de validité, le détail de chaque ligne avec sa quantité et son prix, et les totaux. Nos exemples de devis de paysagiste montrent un devis d’entretien et un devis de création complets, et le générateur de devis en fait un avec vos lignes, gratuitement.

La facture est obligatoire pour un client professionnel. Pour un particulier, vous devez remettre une note dès que la prestation dépasse 25 € TTC, et une facture si le client la demande. Sur chaque facture, n’oubliez pas :

  • votre nom suivi ou précédé de « EI » ou « Entrepreneur individuel », et votre SIREN ;
  • un numéro unique, qui se suit sans trou d’une facture à l’autre ;
  • la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » si vous êtes en franchise ;
  • la date de paiement attendue et les pénalités de retard, plus l’indemnité de 40 € pour frais de recouvrement face à un client professionnel ;
  • votre assurance décennale si vous avez fait un ouvrage ;
  • depuis septembre 2026, le SIREN du client professionnel, l’adresse du chantier si elle diffère de la sienne, et la nature de l’opération (prestation de services, vente, ou les deux).

La facture électronique arrive aussi pour les micro-entreprises. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques par une plateforme agréée. Au plus tard le 1er septembre 2027, les micro-entreprises devront aussi envoyer leurs factures aux entreprises au format électronique, et transmettre à l’administration les données de leurs ventes aux particuliers (ce qu’on appelle le e-reporting). Pour la DGFiP, un simple PDF envoyé par email n’est pas une facture électronique. Notre page sur la facturation électronique explique le calendrier en détail.

Sources : fiches F31144 « Devis obligatoire », F23208 « Facturation : principes » et F31808 « Mentions obligatoires sur une facture » ; « Je découvre la facturation électronique », DGFiP, version du 1er septembre 2026, lus le 10 octobre 2026.

Quand un logiciel devient utile

Un logiciel devient utile le jour où les papiers vous prennent vos soirées. Cela arrive vite quand on travaille seul : une vingtaine de clients d’entretien, des passages qui reviennent chaque mois, des devis à relancer et des factures à suivre, tout cela après la journée de chantier.

Olène, logiciel pour paysagistes, a une formule pour une personne seule, la formule Solo. Elle contient tout Olène, comme les formules des équipes. Vous faites votre devis sur place avec votre catalogue, le client le signe sur son téléphone, et la facture d’acompte se fait à la signature. Vos contrats d’entretien placent leurs passages dans votre planning et font leurs factures à chaque échéance. Et le jour où vous embauchez, vous ajoutez la personne sans changer de logiciel.

Le prix de la formule Solo est sur la page des tarifs, et la page Olène pour les paysagistes montre tout ce que fait le logiciel, chantier par chantier.

L’erreur qui coûte le plus cher

Elle se fait le premier jour : s’inscrire comme micro-entrepreneur à l’URSSAF pour une activité de jardin, parce que c’est ce que tout le monde conseille. Tout semble aller bien pendant deux ou trois ans. Puis la MSA constate que l’activité est agricole, vous rattache chez elle et régularise vos cotisations sur les années passées. La facture arrive d’un coup, au moment où vous ne l’attendez pas.

Avant de cliquer sur « créer mon entreprise », appelez la MSA de votre département. Dites-lui exactement ce que vous allez faire, chiffre d’affaires prévu compris, et demandez une simulation de vos cotisations. Avec ce chiffre en main, vous pouvez calculer votre tarif horaire en sachant ce qu’il vous restera.

Vous travaillez seul ? Vos devis et vos factures peuvent partir depuis le camion.14 jours gratuits, sans carte bancaire. On vous aide à reprendre vos clients.
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